La dyspraxie

L’objectif de ce guide est de sensibiliser à la dyspraxie au travail afin que les personnes dyspraxiques exploitent pleinement leurs capacités au service de leurs ambitions professionnelles.

Ce guide est à destination des personnes dyspraxiques et des employeurs.

I. La dyspraxie dans le monde professionnel

La dyspraxie, qu’est-ce que c’est ?

Définition de la Fédération Française des Dys. La dyspraxie est un trouble de l’automatisation et de la coordination des gestes, le plus souvent avec des troubles de l’organisation visuospatiale. Les personnes dyspraxiques éprouvent des difficultés à écrire à la main, à se repérer dans l’espace, utiliser des outils, faire du vélo, réaliser une double tâche… Ces troubles provoquent une fatigabilité importante à l’occasion d’activités manuelles ou de planification.

La dyspraxie s’accompagne de difficultés :

  • maladresse, lenteur d’action et d’orientation spatiotemporelle (se repère mal dans l’espace…) ;
  • coordination des gestes ;
  • organisation des documents, des tâches à réaliser, prise de notes difficile ;
  • perte de l’estime de soi.

La personne dyspraxique est souvent plus lente et plus fatigable compte tenu des efforts qu’elle développe pour compenser ses difficultés.

Conseils pour intégrer la dyspraxie dans le monde du travail

Le monde professionnel a ses propres codes qui peuvent rendre complexe le quotidien pour les personnes dyspraxiques. Voici quelques astuces qui peuvent rendre votre quotidien plus simple.

Organisation du travail

– Chaque matin, organiser une liste des tâches pour la journée, et organisez-les dans le temps. Si d’autres tâches arrivent dans la journée, ajoutez-les à votre liste de tâches.

– Favoriser un cadre de travail fixe. Vous pouvez insister pour avoir des réunions à des plages fixes, surtout pour les réunions récurrentes.

– Mettre des plages horaires pour les interruptions, les réunions et les tâches nécessitant de la concentration permet de mieux maîtriser sa journée et de mieux se concentrer.

Avoir des plages horaires fixes où vous répondez aux emails, aux chats et aux appels potentiels. Des plages horaires fixes où vous êtes disponible pour des réunions. Des plages horaires fixes où vous pouvez vous concentrer sur vos tâches.

– Expliquer à vos interlocuteurs que les urgences ont un vrai impact sur votre travail, votre fatigue et qu’ils peuvent avoir un impact sur votre capacité de rendre le travail à temps.

– Demander à avoir l’ordre du jour au moins 1 heure avant une réunion. 

– Demander à avoir un compte-rendu après chaque réunion.

– Préciser que la réalisation de certaines tâches (un excel avec des dizaines de formules ou un powerpoint avec plusieurs graphiques sur une même page) peut être un exercice compliqué pour une personne dyspraxique, qui prend beaucoup  de temps et d’énergie et empêche de se concentrer sur d’autres tâches.

– Demander à être prévenu en avance si vous devez intervenir lors d’une réunion. 

Intégration

– Si vous le souhaitez, vous pouvez demander la mise à disposition d’un livret d’accueil avec les principaux contacts de référence au sein de l’entreprise (pour le matériel, pour le comité d’entreprise), et les principaux acronymes et expressions utilisés. Vous pouvez préciser que cela vous permettra de mieux vous repérer et de mieux comprendre la communication spécifique à l’entreprise.

– Si vous le souhaitez, vous pouvez demander d’avoir un référent au sein de votre équipe afin de pouvoir échanger régulièrement sur vos postes en général et sur votre ressenti et sur vos besoins liés à votre dyspraxie 

Communication

– Préciser que vous préférez ne pas être interrompu lors d’une réunion car cela peut vous demander des efforts supplémentaires à reprendre.

– Préciser qu’une communication écrite synthétique et visuelle facilite votre compréhension.

– Assurez-vous d’avoir bien compris les consignes, quitte à demander que votre interlocuteur répète

De nombreuses personnes dyspraxiques ont dû trouver des solutions qui peuvent leur être spécifiques. Le mieux est de demander à la personne concernée ce dont elle a besoin. Voici des conseils qui pourront vous donner de premières pistes.

 Organisation du travail

– Eviter les interruptions intempestives (Chat, appel non planifiés, questions en face à face lorsque la personne est concentrées). Si besoin, définir une plage horaire chaque jour où le collaborateur peut être dérangé.

– Favoriser un cadre de travail fixe: plages horaires fixes pour les réunions, plages horaires fixes pour les tâches à réaliser, arrivée et départ du travail fixe dans la mesure du possible.

– Permettre à la personne dyspraxique de se concentrer sur une tâche à la fois.

– Inciter à la mise en place d’un système de to-do list pour l’organisation quotidien du travail

– Les tâches nécessitant une organisation visuo-spatiale (exemple : tableur excel avec des dizaines de formules à vérifier ou PowerPoint visuel à réaliser)

– Envoyer l’ordre du jour de la réunion au moins 1 heure en avance.

– Si le collaborateur dyslexique doit intervenir, prévenez-le en avance

Intégration

– Mettre à disposition un livret d’accueil avec les principaux contacts de référence au sein de l’entreprise (pour le matériel, pour le comité d’entreprise), et les principaux acronymes et expressions utilisés

– Assigner un collègue de référence au sein de l’équipe afin de faciliter la communication. 

– Il est important d’être à l’écoute d’un collaborateur dyspraxique. Plus elle se sentira en confiance, plus elle sera à même de communiquer sur son trouble et ses besoins afin que le travail se passe au mieux.

Communication

– Clarifier les imprévus et les urgences. Ceux-ci poussent à modifier l’organisation de la journée et demandent une concentration nécessaire pour la personne dyspraxique.

– Accorder le temps nécessaire à la réalisation de tâches demandant une coordination visuo-spatiale (Tâches manuelles complexes, ). Attendez-vous à devoir effectuer une relecture et des modifications. Si ces tâches sont importantes, il est important de guider le collaborateur dyspraxique au début.

Dyspraxie et Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé

Qu’est-ce  qu’est la reconnaissance en qualité de travailleur handicapé ?

La dyspraxie est reconnue comme un handicap par la Maison des Personnes Handicapées (MDPH). Ainsi, une personne dyspraxique est éligible à la Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). La RQTH est la reconnaissance administrative du handicap. Il ne faut pas hésiter à faire la demande de RQTH si vous pensez que cela peut vous être bénéfique.

Quels sont les avantages?

La RQTH n’est pas obligatoire. Cependant, elle est importante car elle permet:

– De bénéficier d’aménagements d’horaires pour les rendez-vous médicaux et thérapeutiques.

– de bénéficier d’avantage lors du recrutement au sein de certaines entreprises. Les entreprises sont soumises à un quota de 6% d’employés ayant une RQTH. Certaines politiques de recrutement sont  avantageuses envers les personnes ayant la RQTH afin d’atteindre ces quotas.

– de bénéficier de la mise en place d’aménagements de poste tels que recommandés par la médecine du travail

– d’accéder à des services et des aides financières de l’AGEFIPH (L’organisme de l’état en charge des personnes handicapées dans une structure privée) ou du FIFPH (L’organisme de l’état en charge des personnes  handicapées dans une structure publique)

– de bénéficier de règles particulières en cas de rupture de contrat de travail, comme le doublement de la durée du préavis de licenciement.

– d’accéder à des stages de réadaptation et de  rééducation professionnelle en cas d’inaptitude à votre ancien métier.

Comment demander sa RQTH ? Pour demander sa RQTH, il faut remplir un dossier à envoyer à la MDPH départementale. Le dossier est détaillé ici

Quand est-ce qu’il est possible de faire la demande de RQTH ? La demande de RQTH est une grande étape. Elle reconnaît administrativement le handicap. Il n’est pas toujours facile de faire une demande de RQTH. Certaines personnes dyspraxiques vont se considérer en situation de handicap, d’autres non. L’avantage de la RQTH, c’est qu’elle protège et qu’elle incite les entreprises à adapter l’environnement de travail au besoin de la personne.

L’autre difficulté, c’est que le handicap peut être considéré comme quelque chose de personnel que certaines personnes ne veulent pas partager avec l’ensemble de l’entreprise. Il est important de noter que la RQTH est CONFIDENTIELLE. Il est possible de la partager uniquement au médecin du travail, qui fera le nécessaire pour adapter le poste. Il n’y a aucune obligation d’en parler au responsable handicap de l’entreprise ou aux ressources humaines, même si cela peut aider pour avoir un suivi au quotidien.

La personne dyspraxique est reconnue comme un handicap par la MDPH (Maison Des Personnes Handicapées). Ainsi, une personne dyspraxique est éligible à la RQTH (Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé), ce qui comptabilise les personnes dyspraxiques dans le quota de 6% des personnes en situation de handicap. La personne peut également demander sa RQTH lorsqu’elle est employée dans votre entreprise. La demande prend au maximum 6 mois.

Aménagements possibles pour aider la personne dyspraxique

Chaque personne dyspraxique a ses préférences et a pu mettre en œuvre certains mécanismes d’adaptation. Ainsi, voici des aménagements conseillés, mais les aménagements les plus cohérents seront ceux que vous définirez avec la personne dyspraxique.

– Lorsqu’il y a un contact client, le(s) interlocuteur(s) peu(ven)t être prévenu(s) en amont si la personne dyspraxique le souhaite.

– Privilégier une organisation de la semaine fixe dans son fonctionnement (réunion d’équipes, points réguliers au même moment) 

– Mettre à disposition un endroit propice à la concentration (avec un minimum de distractions visuelles et sonores).

– Privilégier les courtes communications orales aux communications écrites (Compte-rendu, retour du travail par mail, planification de rdv).

– Mettre à disposition des outils facilitant l’organisation des tâches (outils de to-do) et des outils facilitant des tâches impliquant du visuo spatiale (beaucoup d’éléments à différentes endroits – tâches manuelles complexes, powerpoint, excel) écrit.

II. Entretiens et dyspraxie

L’entretien est un exercice ayant des enjeux multiples, pour le candidat et pour l’entreprise. Lorsque le handicap entre en jeu, l’évaluation et la prise de décision sont complexifiées. Le candidat, a pour sa part l’appréhension que sa dyspraxie lui bloque des opportunités.

Avant l'entretien

Déclarer ou non sa dyspraxie

La déclaration de la dyspraxie (dans le CV, dans la lettre de motivation) est votre droit avant ou pendant l’entretien. Il n’y a aucune obligation. Déclarer sa dyspraxie dans le CV ou la lettre de motivation permet aux recruteurs de mettre les aménagements nécessaires dès les entretiens. La déclaration avant l’entretien permet d’être franc sur sa dyspraxie et de ne pas avoir à surcompenser pour cacher ou limiter sa dyspraxie.

Si vous ne parlez pas de la dyspraxie dans votre CV ou votre lettre de motivation, vous pouvez en parler lorsque les ressources humaines vous contactent pour planifier l’entretien.

L’inconvénient principal est que la dyspraxie est encore mal connue, et il y a encore de nombreux préjugés. Le but de cette page est de limiter les préjugés. L’avantage de parler de la dyspraxie avant l’entretien est que cela permet à l’entreprise de vous prévoir du temps supplémentaire si nécessaire. En parler permet aussi d’être moins concentré sur la dyspraxie, car le recruteur sera déjà au courant, il sera donc moins surpris.

Vous trouverez ici notre guide sur la déclaration du handicap dans le monde de l’entreprise.

Préparer son entretien

Se renseigner

– Se renseigner sur l’entreprise (quelles sont ses activités ? Quelles sont les dernières actualités ?)

– Se renseigner sur le travail pour lequel vous avez un entretien. Si elle est disponible, vous pouvez lire la fiche de poste et vous renseigner sur les compétences demandées et sur les tâches à faire.

Demander les informations

– Demander aux recruteurs quelle est la tenue vestimentaire requise. 

– Demander aux recruteurs avec qui vous allez passer les entretiens. Vous pouvez ensuite vous renseigner sur vos interlocuteurs en amont (en regardant sur LinkedIn notamment).

– Demander aux recruteurs quel est le format de l’entretien. (Entretien avec une personne, étude de cas, entretien en groupe, plan d’accès, etc.). Cela vous permettra de vous préparer au mieux. Si l’entretien contient des tâches d’organisation (synthèse, structuration d’un problème, déplacement dans une salle) ou d’autres qui vous sont compliqués, vous pourrez prévenir le recruteur et l’informer des ajustements dont vous auriez besoin.

Préparer ce qu’on va dire sur soi

Le recruteur pourra vous demander de vous présenter et vous poser des questions sur vos motivations, vos forces et compétences et vos expériences passées.

Se présenter : Vous pouvez donner votre prénom, votre nom, dire quelles études vous avez faites et parler en 1 phrase (20 à 30 mots maximum) de l’une de vos passions

Les motivations : Lister au maximum 3 raisons de votre motivation. Il est important de développer vos motivations en 2 phrases courtes. Ces phrases peuvent répondre à la question « pourquoi cette motivation »)

Les forces et les compétences : Vous pouvez lister vos 3 points forts principaux pour ce poste. Cela peut être vos compétences (en code, en graphisme, en maths etc.) ou des traits de votre personnalité (courageux, persévérants etc.). Vous pouvez illustrer ces forces avec un exemple à chaque fois

Les expériences passées : L’employeur va vous demander de présenter 1 ou 2 expériences que vous avez eues. Cela peut être des expériences professionnelles, associatives, sportives ou étudiantes (projet à l’université). Pour chaque expérience, vous pouvez

  1. Décrire ce que vous avez fait
  2. Décrire le résultat de ce que vous avez fait
  3. Décrire ce que votre travail vous a apporté et appris.

    Parler de sa dyspraxie pendant l’entretien

    Parler de sa dyspraxie est quelque chose de très personnel. Pouvoir en parler avec un recruteur peut :

    1. Créer un lien avec le recruteur. Vous partagez quelque chose de très personnel. Vous partagez une partie de votre vulnérabilité. C’est quelque chose qui touche les personnes et permet de créer un lien au-delà de l’entretien
    2. Permettre aux recruteurs de mieux vous comprendre et de comprendre le bégaiement.

    À quel moment en parler ? :

    Au début de l’entretien ou à la fin de l’entretien

    Comment en parler ? :

    – Factuellement : dire ce que ça implique pour vous en termes de compétences et de difficultés

    – Positivement : le dire factuellement, en ajoutant une phrase sur ce que la dyspraxie vous apporte. Le bégaiement permet de développer plein de compétences qui peuvent être très utiles dans le monde du travail.

    Dans le cadre d’un entretien, il est souvent difficile d’aller au-delà d’une différence telle que la dyspraxie. Si la personne a été reçue en entretien, cela signifie qu’elle a un profil qui correspond à vos attentes. Malgré toutes les compétences qu’on peut voir, nous avons tendance à privilégier les candidats non handicapés à des candidats différents.

    Avant toute chose, préciser au candidat que s’il a un handicap, il peut le partager en amont, et cela est important afin que l’entretien soit adapté et que le recruteur puisse se préparer et se renseigner.

    – Si vous savez en amont que le candidat est dyspraxique, 

    1. Faites attention au format des entretiens. Les entretiens nécessitant de l’organisation (synthèse, structuration d’un problème, déplacement dans une salle) seront plus compliqués pour une personne dyspraxique. Ainsi, il faudrait lui proposer d’avoir du temps supplémentaire et d’être accompagné si ces étapes sont nécessaires
    2. Réserver une salle avec un minimum de bruit et de distraction
    3. Préciser à la personne qui va faire passer l’entretien de lire la partie ci-dessous “pendant l’entretien”
    4. Communiquer au candidat les différentes étapes de l’entretien (oral, test) et demandez-lui s’il a besoin d’aménagements
    5. Utiliser des phrases simples et sans acronymes pour parler de l’organisation de l’entretien 

    Voici quelques pistes à préparer avant l’entretien pour juger le candidat de la manière la plus objective possible :

    – Avant de prendre en compte la dyspraxie du candidat, a-t-il les compétences nécessaires pour le poste ?

    – Peut-on adapter le poste à sa dyspraxie? Voir la section aménagement. 

    – Les tâches peuvent-elles être faites différemment ? Certaines tâches du poste pourront être tout aussi bien réalisées par la personne dyslexiue si une approche correspondant à ses spécificités est permise. 

    – Est-ce que les compétences limitées par la dyspraxie sont compensées par celles que la dyspraxie développe ? Lors de l’entretien, posez des questions positives sur la dyspraxie (les plus grandes victoires avec la dyspraxie , ce que la dyspraxie peut apporter). Cela aura un bénéfice pour vous, car il vous permettra d’appréhender la dyspraxie comme autre chose qu’une contrainte, et pour le candidat, cela pourra le mettre en confiance et le rassurer.

    Pendant l’entretien

    – N’ayez pas peur de parler de votre dyspraxie dès que vous pouvez. Cela vous aidera à ne plus vous demander si cela se voit ou pas. Soyez confiant lorsque vous en parlez.

    – Soyez à l’entretien 10 minutes en avance.

    – Mettez votre téléphone en silencieux.

    – Si vous ne comprenez pas une question, ne paniquez pas. Demandez à votre interlocuteur de la répéter. Si une question comprend plusieurs sous-questions, vous pouvez demander à votre interlocuteur qu’elle soit décomposée en questions claires et distinctes. Vous pouvez préciser que vous donnerez une réponse pour la première question, avant de préparer la réponse pour la deuxième question. etc.

    – Ne vous précipitez pas pour répondre à une question, prenez votre temps. Si besoin, dites que vous avez besoin de quelques secondes supplémentaires. Le plus important c’est que vous soyez satisfaits de votre réponse.

    – Pour organiser votre réponse, vous pouvez prendre quelques secondes de plus pour noter les principales idées et l’ordre dans lequel vous voulez les aborder.

    –  S’il y a une étape de l’entretien qui vous semble compliqué avec votre dyspraxie : Un test écrit, un test sur ordinateur avec du texte à lire, un texte à lire rapidement. N’hésitez pas à demander un autre format ou plus de temps (au moins 25%). Même si cela est difficile à demander, il est très important de le faire, car la qualité de votre entretien en dépend.

    L’entretien est un exercice compliqué, car c’est un exercice où la manière dont on interagit avec le recruteur est importante. Cependant, vous êtes tout à fait capable de briller pendant cet exercice !

    S’intéresser à ce que son handicap lui a permis de faire. Les aventures vécues sont une mine d’or pour apprendre à connaître la personne et découvrir toutes ses compétences. Attention, certaines personnes seront moins ouvertes à ce sujet, dans ce cas, respectez leur retenue.

    Pensez à être transparent avec votre interlocuteur. S’il vous parle de sa dyspraxie, soyez honnête quant à votre position à ce sujet. Si vous avez des doutes, demandez au candidat des exemples de situations similaires à celles qu’il rencontrera sur le poste.

    Si vous pensez que la personne est dyspraxique mais n’ose pas le dire, vous pouvez demander si la personne a la RQTH, vous pouvez mettre la personne à l’aise et montrer que le handicap n’est pas un tabou. Par contre, il n’est pas autorisé de demander à une personne si elle a un handicap précis.

    Ne basez pas votre impression sur la dyspraxie, mais sur l’ensemble de l’échange avec la personne dyspraxique.

    Permettre la prise de notes lors de l’entretien. Cela permettra aux candidats de structurer et d’organiser sa réponse.

    – Les tâches demandant de l’organisation demandent un effort conséquent à la personne dyspraxique (synthèse, structuration d’un problème dans un temps court, déplacement et repérage dans une salle). Elles sont donc à éviter pour les personnes dyspraxiques. Si elles sont nécessaires, prévoyez du temps et un accompagnement supplémentaires

    – Eviter les questions trop complexes ou avec plusieurs sous-questions. Préférer les questions concises et explicites.

    – S’il y a un rendu écrit, accepter un des idées ou un rendu visuel plutôt qu’un texte complet et structuré

    – Répéter la question si nécessaire

    – Laisser le temps au candidat pour comprendre et répondre à la question.

    – Laisser le temps au candidat pour comprendre et répondre à la question.

    III. Dyspraxie et travail

    Le quotidien au travail est composé de tâches professionnelles, et de l’ensemble des échanges formels et informels entre collègues. La dyspraxie peut ainsi se révéler être un vrai défi, à la fois pour les collègues et pour la personne elle-même.

    Intégration au travail

    La dyspraxie peut demander de fortes compensations au quotidien qui fatiguent et prennent une partie importante de l’énergie. Votre différence peut se ressentir, c’est pour cela qu’il est important d’expliquer pourquoi vous êtes différent. Le dire de vive voix est compliqué, car nous partageons quelque chose de (très) personnel avec un.e inconnu.e.

    Pour des conseils sur le quotidien au travail, regarder la section de la première partie.

    Informer de sa dyspraxie

    Vous pouvez informer votre entreprise de votre dyspraxie par différents canaux (écrit ou oral) et différentes personnes (ressources humaines, manager, collègue etc)

    – Vous pouvez informer par écrit (Chat, Mail) l’un de vos collègues, votre manager ou une personne des ressources humaines. Vous pouvez expliquer en 3 lignes ce que ça implique pour vous et partager cette page.

    –  Si vous ne souhaitez pas le partager à toute votre équipe, vous pouvez tout d’abord en parler à l’un de vos collègues, à un manager ou à quelqu’un des ressources humaines.

    Lors d’une première rencontre, au début de l’échange, vous pouvez indiquer que vous êtes une personne dyspraxique. Vous pouvez prendre 2 exemples courts avec une situation concrète (1 phrase pour chacun) qui expliquent ce que ça implique 

    – En parlant de l’aspect positif de votre dyspraxie. Il peut avoir un apport positif en amenant les personnes dyspraxiques  à faire des choses qui les différencient et être un réel atout en entreprise. Vous pouvez prendre un exemple concret où vous avez réussi quelque chose grâce à votre dyspraxie

    – Vous pouvez demander des aménagements qui vous rendent à l’aise.

    Préciser que la réalisation de certaines tâches (un excel avec des dizaines de formules ou un powerpoint avec plusieurs graphiques sur une même page) peut être un exercice compliqué pour une personne dyspraxique, qui prend beaucoup  de temps et d’énergie et empêche de se concentrer sur d’autres tâches.

    La sensibilisation de l’équipe

    Certaines personnes vont être amenées à travailler avec vous tous les jours. Leur donner des informations précises sur la dyspraxie et surtout, sur votre dyspraxie, permettra de mieux comprendre votre différence et de faciliter la collaboration au quotidien. Pour sensibiliser votre équipe, vous pouvez :

    – Partager cette page.

    – Une présentation peut être faite à votre équipe. Elle peut être faite par quelqu’un de l’extérieur, par quelqu’un de l’entreprise ou par vous-même si vous le souhaitez. 

    S’affirmer au travail:

    Le monde du travail est exigeant. La dyspraxie implique de s’épanouir dans ce monde avec une différence. Il ne faut pas hésiter à dire ce qui vous gêne ou à demander ce que vous voulez, car si vous ne le faites pas, personne ne le fera pour vous. Il est vrai que c’est souvent assez compliqué, mais il ne faut pas hésiter car c’est votre droit.

    – Certaines tâches peuvent ne pas être attribuées à une personne dyspraxique car les collègues peuvent estimer que celles-ci seront plus compliquées. Si vous souhaitez réaliser ces tâches, demandez-le clairement à votre supérieur.

    – Si vous souhaitez prendre la parole mais que vous n’arrivez pas à la prendre, communiquez-le, soit dans le chat de la réunion, soit à l’oral, quitte à interrompre la réunion pour un court instant.

    La dyspraxie peut surprendre les personnes non-averties. Il peut également avoir un impact sur la vie sociale qu’il ne faut pas oublier. Si le collaborateur interagit de manière différente, ça peut être également en lien avec la dyspraxie . Il pourra être important d’en tenir compte au sein du travail d’équipe.

    Pour des conseils sur le quotidien au travail, regarder la section de la première partie.

    La sensibilisation de l’équipe 

    – Permettre à la personne dyspraxique  de parler de sa dyspraxie et de ce que cela implique pour elle, si elle le souhaite. Tout le monde n’est pas à l’aise dans cette situation.

    – Distribuer la première partie informative de ce guide à l’ensemble des membres de l’équipe.

    Intégration

    – Mettre à disposition un livret d’accueil avec les principaux contacts de référence au sein de l’entreprise (pour le matériel, pour le comité d’entreprise), et les principaux acronymes et expressions utilisés

    – Assigner un collègue de référence au sein de l’équipe afin de faciliter la communication. 

    – Il est important d’être à l’écoute d’un collaborateur dyspraxique. Plus elle se sentira en confiance, plus elle sera à même de communiquer sur son trouble et ses besoins afin que le travail se passe au mieux.

    Communication

    – Accorder le temps nécessaire à la rédaction de notes écrites. Si l’orthographe est important, il faut penser à mettre à disposition un logiciel de correction d’orthographe

    – Quand la communication écrite est nécessaire, il faut privilégier un texte tapé (et non manuscrit). Il faut privilégier une écriture simple et claire plutôt que des abréviations, du franglais etc.

    – Eviter d’interrompre le collaborateur dyspraxique lors d’une réunion. La reprise du fil des idées impliquent une concentration accrue et une fatigue supplémentaire

    – Pour certaines tâches demandant la coordination de plusieurs éléments (Excel avec plusieurs formules, PowerPoint avec plusieurs graphiques, tâches manuelles complexes), la personne dyspraxique mettra beaucoup plus de temps et cela lui demandera beaucoup plus d’efforts. Si possible, il faut l’accompagner des ces tâches et avoir conscience qu’une relecture sera peut-être nécessaire.

    Evoluer au travail

    Trouver un emploi et s’intégrer dans le monde professionnel sont les premières étapes d’une grande aventure. Il y a plusieurs étapes clés qui suivent :

    • Valider la période d’essai
    • Être évalué sur le travail effectué
    • Être promu

    Travailler avec une personne avec dyslexie, c’est travailler avec une personne qui a des besoins spécifiques. Ces besoins spécifiques ne modifient en rien les compétences et les capacités de travail de la personne, ils nécessitent uniquement eu peu plus de flexibilité. De nombreux conseils et aménagements ont été proposés dans la première partie. L’enjeu est que les personnes avec dyslexie puissent être évaluées lors des étapes clés de manière équitable. Ainsi, il est envisageable d’atteindre moins sur certains aspects (notamment les aspects interpersonnels) mais plus sur d’autres aspects (notamment les aspects techniques).

    Mettre en avant les compétences

    La dyspraxie est souvent considérée comme une contrainte. Nous oublions souvent de voir l’aspect constructif de la dyspraxie . Les défis quotidiens ne peuvent être niés. Ces défis quotidiens et ces manières différentes d’appréhender le monde, forgent et développent des compétences insoupçonnées :

    Résolution de problème : Les dyspraxiques s’avèrent être de géniaux “problem-solvers”. Ils sont capables de rassembler différents éléments d’un même problème qui sont dissociés en apparence, mais qui, lorsqu’ils sont rassemblés, permettent de trouver une réelle solution à un problème. Ils sont également capables de déceler facilement des tendances afin de donner des idées et des pistes de résolution de problèmes.

    Créativité & innovation : Les dyspraxiques sont capables de penser en dehors des sentiers battus. L’adaptation quotidienne nécessite de constamment s’adapter pour trouver des solutions originales correspondant au fonctionnement de la personne dyspraxique. Ainsi, les dyspraxiques peuvent proposer des idées qui vont au-delà de ce à quoi nous pouvons généralement penser.

    Empathie : Les personnes dyspraxiques ont une très bonne capacité pour comprendre leurs interlocuteurs  (leurs émotions, leur langage non-verbal). Cette capacité est clé car elle permet de comprendre au mieux les besoins de notre interlocuteur. Dans notre montre qui ne cesse de courir, ce sont des détails que nous pouvons ignorer mais qui peuvent permettre de comprendre au mieux les personnes d’une même équipe, les besoins (implicites) d’un client ou d’un responsable. 

    Gestion de la pression : Pour une personne dyspraxique, des éléments aussi simples qu’organiser des tâches ou faire la cuisine peuvent s’avérer être des défis compliqués. La gestion de ces micro défis quotidiens permet d’apprendre à gérer la pression quotidiennement. Ainsi, les personnes dyspraxiques sont capables de bien gérer les moments de forte pression en restant concentré et calme

    Excellente mémoire de long-terme : Une personne dyspraxique a une excellente mémoire de long-terme.

    Ces compétences ne sont pas si évidentes en réalité. Elles nécessitent un environnement accueillant où la personne dyspraxique a toute sa place et où elle n’est pas mise à l’écart de par sa différence.

    La personne dyspraxique  se doit également d’oser faire face aux situations qui lui sont difficiles avec sa différence afin afin de montrer qu’elle est bien plus qu’une personne dyspraxique  : c’est une personne avec un vécu propre, qui lui permet de développer des compétences qui lui sont propres et qui sortent de l’ordinaire. 

    La condition pour faire éclore ces compétences est l’acceptation de la différence, qu’elle soit sienne ou celle d’un collègue. L’élément crucial est de ne pas limiter les responsabilités de la personne dyspraxique de par son handicap. Au contraire, il faut lui donner l’opportunité d’aller au-delà si elle le souhaite, sans la forcer.

    La dyspraxie au travail au-delà des préjugés

    Une personne dyspraxique peut atteindre ses rêves, même les plus “irréalistes”. Certes, le chemin sera plus sinueux, mais les difficultés rencontrées font également partie de la richesse de la dyspraxie et de ce qu’elle apporte à la personne dyspraxique et à celles qui la côtoient. 

    En allant au-delà des préjugés, nous permettons aux personnes souvent stigmatisées d’avoir le droit de rêver et de réaliser leurs ambitions. Nous mettons également à la disposition de notre société des compétences que nous avons trop longtemps ignorées. Nous nous concentrons sur ce qui n’est pas possible de faire, alors que nous pouvons nous intéresser aux actions qui peuvent être réalisées d’une manière différente.

    Emma Lewell-Buck, Député britannique et dyspraxique, nous livre sa vision de la dyspraxie :

    « La dyspraxie ne devrait empêcher personne de réaliser son rêve. Je voulais être député depuis mon plus jeune âge, et il me semblait que les chances de réussite étaient contre moi avant même que je découvre mon handicap. Seules 650 personnes peuvent siéger à la Chambre des communes, et la compétition pour être nommé par son parti est féroce. Ainsi, si une personne atteinte de dyspraxie peut être élue député, imaginez ce que nous pouvons accomplir d’autre.

    Une chose que j’ai apprise avec le temps, c’est que la dyspraxie est simplement une façon différente de penser. Ni meilleure ni pire, juste différente. Certaines des choses que nous faisons peuvent sembler un peu étranges à certaines personnes.

    Je sais qu’au premier abord, nous pouvons sembler maladroits ou sujets à des fautes d’inattention mais nous sommes tout aussi intelligents et perspicaces que les autres. Notre dyspraxie peut faire de nous des penseurs originaux ou créatifs, qui abordent les problèmes d’une manière différente de celle des autres. Et cela nous rend parfois très utiles ! »